L’aqueduc de Gorze

- Gravure du XIXe s.
L’aqueduc est étudié et décrit dès le troisième quart du XVIIIe siècle par les Bénédictins Dom Tabouillet et Dom Jean-François [2]. Leurs fouilles, commencées en 1763, dégageront en particulier les bassins d’amont et d’aval. Leur travail s’attache à définir tout le parcours [3]. Le graveur Dupin-Triel en reproduisit le tracé sur une planche de leur ouvrage.
Les descriptions ultérieures compléteront et préciseront leurs observations ; elles rendront parfois les choses plus confuses, comme celle du Ct Lalance. Au XIXe s., on procéda à des réparations sur les arches, on poursuivit l’étude des parties souterraines et l’on s’intéressa au lit de la Moselle ; le nom de V. Simon reste attaché à cette époque. Parmi les références les plus récentes de notre bibliographie, B. Vigneron accorde un chapitre important à l’aqueduc dans son livre sur le Metz romain. Enfin, la CAG [4] de la Moselle reprend toutes ces études dans son premier volume sous le nom des communes concernées et y ajoute celles qui furent faites depuis. Dans le second, consacré à Metz, C. Lefèbvre livre une synthèse fort intéressante, à la fois précise et audacieuse ; bien que nous nous en écartions parfois, son texte nous a été très utile, en particulier sur tout ce qui concerne la construction.
Le captage

- Le captage actuel de la source des Bouillons.
- Photo M. Heilig
La Source des Bouillons, qui alimente cet aqueduc, jaillit au pied de la Côte Mouza [5], un peu au nord de Gorze. L’endroit est à 208 m d’altitude, au fond de la vallée de la Gorzie [6].

- Le captage actuel de la source des Bouillons.
- Photo M. Heilig
Le captage se faisait avec grand soin. Vitruve [7] explique comment trouver une source [8], et la choisir en fonction des qualités de son eau [9]. On la canalisait ensuite le plus en amont possible de son jaillissement à l’air libre, afin d’éviter qu’elle ne prenne d’autres chemins avec le temps et de profiter des divers écoulements qui la composent [10].
Bien que l’on n’en ait rien retrouvé, la sortie de la source des Bouillons devait comprendre, comme ailleurs, certains aménagements : il fallait que l’eau reste pure, mais aussi en réguler le débit [11]. Sans doute avait-on construit un bassin couvert pour la recueillir.

- Aqueduc de Sens. Bassin de captation de la source de Noé.
- A. Grenier, Manuel d’archéologie gallo-romaine, IV, les monuments des eaux, p. 175, fig. 53.
Des fouilles déjà anciennes nous ont donné quelques exemples de bassins de captation. La source de Noé, qui alimente l’aqueduc de Sens-Agedincum, était à l’intérieur du bassin. L’eau le remplissait jusqu’à 1 m au dessus du radier de la canalisation, mais elle en sortait aussi par six barbacanes [12].

- Aqueduc d’Arcueil-Cachan. Bassin de Wissous.
- A. Grenier, Manuel d’archéologie gallo-romaine, IV, les monuments des eaux, p. 181, fig. 56.
L’aqueduc d’Arcueil-Cachan, qui approvisionnait Lutèce débutait près de Wissous, où l’on a retrouvé le bassin collecteur. Il est carré et comprend une cuve, carrée elle aussi, que borde une banquette. Chaque côté de l’édifice est traversé d’une rigole : trois d’entre elles, au sud, à l’est et au nord, drainaient le plateau environnant et en déversaient les eaux dans le réservoir [13] ; la quatrième est celle de l’aqueduc qui partait vers Paris [14].

- Aqueduc de Bavai. La Fontaine St Eloy à Floursies.
- A. Grenier, Manuel d’archéologie gallo-romaine, IV, les monuments des eaux, p. 215, fig. 68.

- Aqueduc de Bavai. La Fontaine St Eloy à Floursies. Coupe.
- A. Grenier, Manuel d’archéologie gallo-romaine, IV, les monuments des eaux, p. 215, fig. 69.
A l’origine de l’aqueduc de Bavai, à Floursies, la source apparaît dans la Fontaine Saint-Eloy. C’est un bassin circulaire [15] ceint d’une banquette. L’eau passait dans la conduite de l’aqueduc grâce à un déversoir situé en hauteur [16].
La pente
La pente d’un aqueduc était étudiée dès le stade de la conception car les détours du tracé en dépendaient. Pline l’Ancien mentionne qu’elle devait être supérieure à 20 cm/km. Inversement, quand elle était trop forte, on devait ralentir le courant pour qu’il n’endommage pas la canalisation. On ménageait alors une chute en faisant tomber l’eau dans un puits cylindrique où elle tourbillonnait [17]. Lorsque la distance était longue, comme c’était le cas pour notre aqueduc, on faisait appel à un expert.
Vitruve [18] explique comment établir les niveaux et quels instruments utiliser pour cela.

- Alidade.

- Dioptre.
On mesurait les angles avec une alidade à pinnules (dioptre) et l’on effectuait les visées au moyen d’une groma.

- Groma.
La préférence de Vitruve allait au chorobate, un niveau à fils à plomb [19]. Ces outils n’étaient cependant pas très précis, et les erreurs ne sont pas rares.

- Chorobate.
La pente de l’aqueduc de Gorze, après avoir d’abord été un peu plus forte, devient vite régulière à 0,92 m/km jusqu’au bassin d’Ars-sur-Moselle. Elle reprend de la force sur le pont, à 1,69 m/km, puis, après le bassin de Jouy-aux-Arches, retombe à 0,92 m/km jusqu’à son arrivée au château d’eau.
On se reportera avec intérêt à la synthèse de Jean-Claude Heilig, que nous avons placée en annexe.
La conduite souterraine jusqu’au bassin de sortie

- Cours de l’aqueduc entre sa source à Gorze et Orly.
-
L’aqueduc est représenté par un trait rouge.
Croquis M. Heilig
Le début de la conduite [20] de l’aqueduc de Metz nous est donc inconnu, mais elle est souterraine [21] jusqu’au bassin de réception, soit sur 12,7 km. Elle traverse Gorze dans sa longueur [22], et se dirige vers le sud-est. Elle contourne le Mont St Belin [23], dont elle récupérait les eaux par une gargouille placée à 1,30 m en hauteur [24]. L’aqueduc fait ensuite un détour pour passer près du hameau Sainte-Catherine, sur la rive gauche du ruisseau, et suit la gorge de Parfondval [25].
Dans le village de Novéant, après 5 km environ, la conduite fait un coude vers le nord, en direction de Metz. Elle passe en contrebas des Rochers de la Fraze et au pied de Dornot [26], longeant la Moselle dont elle s’éloigne un peu à Ancy pour former une boucle qui enferme le hameau de Rongueville [27]. A mi-chemin entre Ancy et Ars-sur-Moselle, l’aqueduc oblique vers l’est pour traverser la rivière. C’est, ou peu s’en faut, le tracé qui est reporté sur la gravure de Dupin-Triel.

- L’aqueduc entre Gorze et Novéant.
- Photo M. Heilig

- L’aqueduc entre Gorze et Novéant.
- Photo M. Heilig
Les opérations archéologiques ont maintes fois permis d’observer cet aqueduc. On peut le faire aujourd’hui encore à l’endroit où la D 12 l’a coupé entre Gorze et Novéant [28]. Il est construit comme la plupart des ouvrages de ce genre et, malgré certaines adaptations aux terrain, ses caractéristiques sont les mêmes sur tout son cours [29].

- L’aqueduc entre Gorze et Novéant. La coupe du côté de Gorze.
- Photo J. Pierrez

- L’aqueduc entre Gorze et Novéant. La coupe du côté de Gorze.
- Photo M. Heilig
On remarque d’abord qu’il n’est pas enterré profondément. Le radier [30] est un massif de grosses pierres posées de chant dans du mortier ; son épaisseur varie selon la solidité du terrain. Un mortier de chaux et de briques concassées [31] rend le canal bien étanche. A Augny, où V. Simon l’a mis au jour en trois endroits en 1839, l’aqueduc repose sur un soubassement de pierres taillées en tronc de cône dont la pointe est prise dans du sable ; cette base est elle-même recouverte de mortier.

- Coupe de l’aqueduc à Augny.
-
A : ciment à grain fin ; B : ciment à grain plus gros ; C : ciment à gros grain ; D : couche de mortier.
Remarquer les pierres taillées en tronc de cône du soubassement.
Dessin V. Simon

- L’aqueduc entre Gorze et Novéant. Détail de l’appareil.
- Photo J.-P. Pierrez

- L’aqueduc entre Gorze et Novéant. Détail de l’appareil.
- Photo M. Heilig
Les deux murs, en calcaire gris [32], sont d’un petit appareil soigné, revêtu, sur 1 m de haut environ [33], d’un mortier de terrazzo de 4 à 6 cm d’épaisseur [34].

- L’aqueduc entre Gorze et Novéant. La conduite côté Novéant.
- Photo M. Heilig

- L’aqueduc entre Gorze et Novéant. La conduite côté Novéant.
- Photo J.-P. Pierrez
Le mur de bas de pente a 0,35 m de large. L’autre est plus épais car il doit résister à la poussée des terres. On l’avait même renforcé par endroits [35]. A Ancy, au lieu-dit Mottes où la conduite est à flanc de coteau, ce bouclier est une maçonnerie de pierres sèches. Ce dispositif se retrouve plus loin : on a pu l’observer à Augny, des deux côtés de la conduite cette fois, avec une épaisseur de 0,75 m.

- L’aqueduc entre Gorze et Novéant. La conduite côté Gorze.
- Photo M. Heilig
La conduite est couverte d’une voûte en plein cintre [36] dont les claveaux sont assez grossièrement taillés. La hauteur du conduit, de 1,80 m entre radier et intrados, permettait le passage d’un homme pour l’entretien [37]. A cet effet, on avait ménagé des regards d’accès [38] carrés tous les 20 ou 30 m [39].
[1] Ce n’est pas une longueur exceptionnelle pour un aqueduc romain. Par exemple, celui de Gien, un des aqueducs de Lyon, faisait 75 km, celui de Fréjus 42 km.
[2] Dom Tabouillet et Dom Jean-François, Histoire de Metz, 1761.
[3] Les ruines du pont-aqueduc, sur les deux rives de la Moselle, étaient alors la seule partie de l’aqueduc qu’il fût possible d’observer.
[4] Carte Archéologique de la Gaule.
[5] La Côte Moussard sur la carte IGN au 25 000e n° 3313 E. La source des Bouillons est de nos jours encore un captage d’eau important : en 1855, l’ingénieur municipal Van der Noot fit construire un nouvel aqueduc, qui est toujours en service. D’un trajet est plus court, 15,2 km, il aboutissait au grand réservoir des Récollets, l’actuel Institut Européen d’Ecologie.
[6] La Gorzia ou le ruisseau de Gorze sur la carte IGN. La Gorzie coule de Gorze à Novéant, où elle se jette dans la Moselle.
[7] VITRUVE, Les dix livres d’architecture, livre VIII. Le passage qui suit résume les chapitres 1 à 5 de ce livre. Vitruve se fonde sur les données scientifiques de son époque, qui sont assez différentes des nôtres.
[8] Les divers procédés qu’il expose se résument en fait à l’observation de la nature : présence de plantes sauvages aquaphiles (joncs, saules, gattiliers, roseaux, lierre...), de nuages de moucherons survolant un endroit précis au petit matin, observation d’une évaporation ou d’une condensation avant le lever du soleil...
[9] On trouve les eaux les plus saines et les plus abondantes sur les pentes septentrionales des montagnes car elles sont à l’abri de l’action du soleil, et dans les sols de graviers et de sable. Les sources chaudes sont toutes médicinales et impropres à la consommation courante, de même les eaux qui traversent des terrains ferreux, plombifères, argentifères ou salins. On savait que la terre transmet ses éléments aux eaux qui la traversent et que certaines en deviennent dangereuses. Vitruve insiste sur la nocivité des eaux acides qui, affirme-t-il à tort, transforment le plomb en céruse et le cuivre en vert de gris.
L’architecte romain donne plusieurs moyens infaillibles de s’assurer de l’excellence d’une eau car la limpidité, non plus qu’un goût et une odeur agréables, ne sauraient en être la marque certaine : on observera d’abord la complexion des habitants du lieu, en particulier s’ils ne souffrent pas des jambes. Dans le cas d’une nouvelle source, on jettera de son eau sur du cuivre pour vérifier qu’elle n’y fait pas de taches. L’eau sera jugée légère si, après avoir bouilli, elle ne laisse aucun dépôt dans le récipient. Cette légèreté est la marque la plus sûre de la bonne qualité d’une eau mais il est difficile de la vérifier. Pour Hippocrate, une eau légère est une eau qui s’échauffe et se refroidit rapidement.
[10] Quand on avait trouvé une source, on creusait une sorte de puits à cet endroit et plusieurs autres alentour. On rassemblait alors ces filets d’eau par des conduits souterrains jusqu’à un un bassin.
[11] Par ailleurs, il n’est pas rare qu’un sanctuaire accompagne le début d’un aqueduc. Celui de Carthage en offre un bel exemple.

- Aqueduc de Carthage. Sanctuaire des eaux de Zaghouan.
- Photo F.-X. Sitzmann
Rien toutefois n’en atteste l’existence à Gorze. Certains, comme nous le verrons plus loin, pensent que le bassin d’Ars avait aussi une fonction religieuse.
[12] GRENIER (A.), Manuel d’archéologie gallo-romaine, t. IV, Les monuments des eaux, 1960, p. 174-175.
[13] Les rigoles du nord et du sud sont couvertes de dalles, la troisième est voûtée.
[14] GRENIER (A.), Manuel d’archéologie gallo-romaine, t. IV, Les monuments des eaux, 1960, p. 181.
[15] 2,90 m de diamètre et 1 m de profondeur. La construction est romaine, sauf le parapet qui l’entoure.
[16] GRENIER (A.), Manuel d’archéologie gallo-romaine, t. IV, Les monuments des eaux, 1960, p. 214-215.
[17] LEVEAU (P.), La construction des aqueducs, in Aqueducs romains, Dossiers de l’archéologie n° 39, octobre-novembre 1979, p. 12. Nous verrons plus loin qu’on avait placé un dispositif de ce genre immédiatement après le pont-aqueduc.
[18] VITRUVE, ibid., livre VIII, chap. 6.
[19] Le chorobate est composé d’une règle supérieure large et de deux tringles inférieures. Sur l’épaisseur de la règle et sur les tringles sont tracées des lignes verticales perpendiculaires au plan de la règle. Des fils à plomb pendent des deux côtés de la règle et à ses deux extrémités, soit quatre fils à plomb en tout. On est à niveau lorsque les fils à plomb correspondent aux marques verticales. Afin d’éviter l’action du vent sur les fils à plomb, la surface de la règle est creusée d’une cavité remplie d’eau qui permet une vérification.
[20] Specus.
[21] Forma.
[22] Les Bénédictins l’avaient déjà étudiée près de Gorze. On a pu la suivre sur environ 300 m sous les maisons de la Grand Rue, où elle sert d’égoût.
[23] La colline Saint-Blin chez A. Grenier.
[24] Quatre pieds. Les publications anciennes donnent souvent des mesures en pied. Nous les avons converties en prenant pour équivalence : 1 pied = 12 pouces = 0,32484 m. 1 pouce = 2,707 cm.
[25] C’est le nom de la vallée de la vallée de la Gorzie. Il ne figure pas sur la carte IGN.
[26] Elle a été reconnue au Chemin de Belle-Vue.
[27] Ancy-sur-Moselle se compose de trois hameaux, Le Chêne, Narien et Rongueville (et non pas Rougeville comme on le lit dans la Carte Archéologique de la Gaule).
[28] Cet endroit est au bord de la route, du côté droit lorsqu’on vient de Novéant. La conduite fait alors un coude à l’intérieur des champs.
[29] Ce qui suit concerne l’ensemble de la conduite souterraine, aussi bien avant le pont qu’après.
[30] Il fait 1m de large à Augny.
[31] Ce mortier est épais de 6 cm sur les bords et de 8 cm au fond.
[32] La pierre provient sans doute de Gravelotte.
[33] Trois pieds.
En 1858, V. Simon observait que les parties supérieures des murs sont assemblées à joint sec dans la gorge de Parfondval afin, pensait-il, d’en récupérer les eaux d’infiltration. C. Lefebvre en doute fortement.
Le long de la D 12, entre Gorze et Novéant, l’appareil comprend des assises de briques. Il s’agit peut-être d’une réfection.
[34] Ce ciment a été observé sur 0,92 m de haut à Gorze, et sur 1,06 m à Novéant. Dans cette commune, les observations de V. Simon en 1838 donnent une épaisseur de 6 cm, chiffre que l’on retrouve le long de la D 12. A Ancy, aux lieux-dits Pornottes et Fermes, l’enduit ne monte qu’à 0,55 m de haut mais a 8 cm d’épaisseur.
[35] Une précaution qui pouvait suffire à contenir la poussée des terres, mais pas à empêcher les glissements de terrain.
[36] Elle a entre 0,15 et 0,20 m d’épaisseur. V. Simon donne 0,40 m à Novéant.
[37] Les mesures de cette hauteur varient selon les endroits où elles ont été faites : 1,80 m et 1,75 m en deux endroits différents de Novéant. Les 2,60 m mentionnés à Ancy correspondent sans doute à la hauteur totale de l’ensemble. Mais il semble qu’à Augny, la hauteur totale n’excède pas 1,60 m, ne laissant qu’un mètre pour le conduit. Un ouvrier s’y serait introduit difficilement et n’aurait guère pu y travailler.
[38] Puteus.
[39] Les Bénédictins en ont observé un pour lesquels ils donnent 2 m de côté. Victor Simon en a repéré quatre autres de 1,20 m de côté. La CAG présente une photo aérienne prise par D. Jacquemot sur laquelle trois de ces regards sont bien visibles dans les champs le long de la D 12. Cf CAG 57/1 s. v. Novéant.
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2 commentaire(s)Superbe ouvrage réalisé sur l’aq de Metz ; je connais un peu la chose, l’ayant un peu "fréquenté" il y a quelques années. Cette "découverte" pour moi, aujourd’hui, justifie largement un examen plus approfondi que je vais me faire un plaisir de faire et j’espère acquérir de nouvelles données sur l’ouvrage romain précité et également engager je le souhaite de fructueux échanges.
A bientôt donc
Jean-Claude Litaudon Président du groupe Archéologique forez-Jarez (GAFJ) Président de la Fédération Archéologique de la Loire




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