Le musée de la Tour aux Puces à Thionville

- L’entrée de la Tour aux Puces.
- Photo M. Heilig
La tour aux Puces [1] est un édifice massif et puissant, qui offre la particularité d’avoir 14 côtés. Il faisait partie du château que les Comtes de Luxembourg élevèrent à Thionville. Un édifice carolingien en est peut-être à l’origine.

- La Tour aux Puces.
- Photo M. Heilig

- Linteau carolingien orné de feuilles d’acanthe remployé dans l’appareil de la Tour aux Puces.
- Photo M. Heilig
En effet, Louis le Pieux aurait construit une chapelle polygonale dans le palatium de Thionville entre 815 et 825 [2], et aurait pris pour modèle la chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle. L’édifice aurait été détruit en 939 par l’évêque de Metz Aldabéran Ie, tenant des derniers Carolingiens dans la région, pour éviter que leur adversaire Othon Ie ne l’utilise comme comme point fortifié. La chapelle n’était pas encore terminée. Le linteau remployé dans l’appareil extérieur, orné de feuilles d’acanthe de style carolingien, conforterait cette thèse. De plus, le plan de la tour qui se serait élevée à cet endroit serait à l’origine des quatorze côtés que les Comtes de Luxembourg donnèrent à celle qu’ils construisirent entre le XIe et le XIIIe siècle. Depuis, la tour fut souvent remaniée, si bien que nous ne connaissons pas l’aspect des parties hautes [3] ; l’intérieur subit maintes modifications pour satisfaire à ses affectations sucessives.

- L’appareil de la Tour aux Puces.
- Photo M. Heilig

- Blocs en remploi dans l’appareil de la tour.
- Photo M. Heilig
Donjon du château jusqu’au XIIIe s., siège de la prévôté jusqu’au XVIe, magasin à poudre à la fin du XVIe, geôle pour soldats au XVIIIe, bâtiment du Génie au XIXe... La Tour aux Puces fut enfin dégagée des constructions adjacentes lors de la démolition des remparts au début XXe s. Elle avait alors perdu sa fonction militaire. Aussi la ville de Thionville y aménagea-t-elle un musée pour abriter les trouvailles archéologiques de la région, qui étaient jusque là confiées au musée de Metz. L’établissement fonctionna ainsi jusqu’en 1939. Au début de la Seconde Guerre Mondiale, les collections furent mises à l’abri dans la Vienne, mais les Allemands exigèrent leur retour, sans toutefois les réinstaller dans la tour [4]. A la Libération, la tour était en mauvais état et une partie des objets avait disparu, en particulier le plan-relief de Thionville du XVIIIe siècle. Le musée accueillit de nouveau le public en 1966, avec une toute nouvelle présentation qui, devenue obsolète, a été récemment modernisée.
Horaires
Le Musée de la Tour aux puces est ouvert tous les jours, de 14 à 18h, ou sur rendez-vous pour les groupes.
Renseignements au 03 88 82 82 25 49, ou au 03 82 82 25 52.
Consulter aussi le site Internet
http://tourauxpuces.com

- La cour intérieure de la Tour aux Puces.
- Photo M. Heilig

- Cour intérieure de la Tour aux Puces.
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Dans cette cour on a placé le calvaire de la paroisse St Pierre à Thionville ; il date de 1622 et se dressait devant une chapelle qui fut détruite pendant la Révolution.
Photo M. Heilig
Les collections du Musée de la Tour aux Puces vont de la Préhistoire à la Renaissance. Elles proviennent du pays thionvillois [5], dont la Moselle constitue le trait géographique majeur : elle traverse la région du sud au nord d’abord, puis, à partir de Thionville, s’infléchit vers le nord-est. La vallée, qui s’élargit depuis Metz et se resserre un peu avant la frontière du Luxembourg, forme une aire vaste et plate que des collines encadrent à l’est et à l’ouest. C’est ici que la rivière a sa plus grande largeur et son cours le plus calme. Ses affluents [6] font des percées à travers les hauteurs, créant ainsi des voies navigables et des routes dans toutes les directions. C’est une région ouverte, propice à l’installation de l’homme car les terres y sont fertiles et favorisent l’agriculture et l’élevage. Elles sont riches, aussi, d’un potentiel industriel – ressources du sous-sol, eau, bois, - que les diverses civilisations mirent à profit, pour la métallurgie et la céramique notamment.
Nous remercions chaleureusement le musée pour son accueil et pour nous avoir permis de photographier les collections.

- La salle consacrée aux dalles funéraires de la chapelle des Augustins.
- Photo M. Heilig

- La Tour aux Puces.
- Photo M. Heilig
[1] Le nom de Tour aux Puces est vraisemblablement dû à une mauvaise traduction du luxembourgeois Peetz Turm, qui signifie tour au puits. Il apparaît pour la première fois dans le livre IV des Commentaires de Monluc, qui évoque la prise de la Tour des Puces, le 20 juin 1558, par les Français qui assiégeaient la ville. Il se trompait de tour, mais le nom est resté, devenant Tour aux Puces sur les plans français de la citadelle de Thionville.
[2] Le terme de palacio publico date de 770, lorsque Carloman, frère de Charlemagne, séjourna à Thionville.
[3] Les crénaux que l’on voit aujourd’hui sont une réfection du début XXe s.
[4] Ils en avaient fait un poste de la Wehrmacht.
[5] Cela correspond à peu près aux deux arrondissements de Thionville Est et Ouest.
[6] Essentiellement, du nord au sud, l’Orne, la Fentsch, le Kiesselbach sur la rive gauche, la Bibiche et la Canner sur la rive droite.




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