Petite balade dans la vallée de la Seille (Moselle)
Notre itinéraire part de Metz, mais il est aisé de le prendre en sens inverse, si l’on vient de Strasbourg, par exemple.
GREMECEY
Sortir de Metz par la D 955 qui conduit à Châteu-Salins. Peu après Delme, tourner à droite, traverser Donjeux et prendre la D 24 jusqu’à Fresne-en-Saulnois. Dans le village, prendre à droite en direction de Grémecey. Sortir du bourg en ayant l’église sur sa gauche et gagner la forêt. Au premier carrefour, tourner à droite et suivre le chemin jusqu’à ce qu’on voit, à droite, un monument funéraire. A cet endroit, prendre à gauche, jusqu’à un chemin qui s’enfonce dans les bois, à gauche. Laisser la voiture et continuer à pied sur ce chemin. La villa se trouve au sommet d’une butte, au bout d’un sentier qui prend à gauche.

- Vue générale du site de Grémecey. Photo M. Heilig.
On découvrit la villa romaine de Grémecey grâce à la photo aérienne. Les fouilles eurent lieu trois ans plus tard. Elles mirent au jour les substructions et les restes d’un dallage de pierres d’une villa de taille moyenne. On retrouva une grande quantité de clous, ce qui laisse supposer une charpente importante. L’édifice semble suivre l’organisation ordinaire des villae à galerie et deux tours d’angle en façade.

- La partie la mieux conservée de la villa Photo M. Heilig.

- Détail de l’appareil des murs. Photo M. Heilig.
Un bronzier y avait peut-être son atelier : on a dégagé trois foyers, dont l’un était délimité par des pierres posées de chant en demi-cercle, et de nombreux morceaux de bronze et de tôle de bronze. Cela n’a rien de surprenant, si l’on pense que ce genre d’établissement devait avoir divers ateliers pour ses besoins ordinaires.
Les autres trouvailles vont dans ce sens. Elles appartiennent au train d’une villa rurale : outils (hache-marteau, serpette), bassine en tôle, hipposandale, céramique (commune, blanche vernissée, sigillée). Celle-ci date ce bâtiment entre Antonin le Pieux et la fin du IIe siècle ou le début du IIIe. Il fut détruit par incendie.
Un second bâtiment, plus important, à 50 m au nord, appartient sans doute au même complexe.
VIC-SUR-SEILLE
Revenir sur Fresne-en Saulnois. Dans le village, reprendre la D 21 jusqu’à la D 955. A Château-Salins, prendre la direction de Vic-sur-Seille.
Nous avons déjà consacré un article sur Vic-sur-Seille. Le nouveau Musée Georges de La Tour y propose une collection de peinture exceptionnelle. On visitera aussi la ville et ses remparts.
Vic-sur-Seille l’article
MARSAL
A Vic-sur-Seille, prendre la D 155z jusqu’à la D 955 et prendre à droite. A l’entrée de Moyenvic, prendre à gauche la D 38 jusqu’à la route qui, à droite, mène directement à La Porte de France de Marsal.
En arrivant à Marsal, on franchit la Porte de France, où se trouve le Musée du Sel. Il est préférable de le visiter avant de parcourir la ville [1]. Il est en effet consacré à l’exploitation du sel, qui fit de tout temps la richesse de la ville. On y explique les techniques utilisées, la chimie du sel, et l’exposition se termine par une surprenante collection de... salières. En outre, les vitrines retracent l’histoire de Marsal et présentent des plans des fortifications à diverses époques. L’environnement régional à l’époque gallo-romaine n’est pas oublié : photos aériennes et maquettes donnent une idée de la taille et de la richesse de plusieurs villae aujourd’hui disparues.
La visite du musée se poursuit dans un jardin à l’extérieur des remparts où sont cultivées des plantes du milieu salin.
Le Musée du Sel publie un livret très intéressant sur sa présentation [2]. Nous en reproduisons la couverture.

- Le livret que propose le Musée du Sel.
Marsal dans l’Antiquité
La sédentarisation, à partir du Néolithique, rendit plus forts les besoins en sel. Loin de la mer et de ses ressources salines, on utilisait l’eau de sources salées. Du Bronze final à La Tène finale l’exploitation du sel prit des proportions importantes. A l’époque gauloise, Marsal est une bourgade active du territoire des Médiomatriques : travail du sel, métallurgie de transformation, entrepôts, ateliers, lieux d’échanges... En témoignent les céramiques, importées ou locales, et les monnaies gauloises qui viennent de toute la Gaule.
Les Romains profitèrent à leur tour de cette prospérité. Ils modernisèrent le travail du sel. La voie entre Metz et Strasbourg passait su le ban de Marsal. Elle venait de Morville-les-Vic et de Salival. Bien qu’aucun itinéraire antique ne le mentionne, un vicus routier se trouvait au lieu-dit Hauts-de St-Jean [3]. Une stèle, trouvée en 1842 et conservée au Musée de Metz, porte une dédicace à l’empereur Claude et donne le nom antique de Marosallum [4]. Le Saulnois était alors couvert de domaines ruraux prospères, dont la photo aérienne et les fouilles nous révèlent aujourd’hui les villae et les annexes. Marosallum leur servait sans doute de centre urbain.
L’exploitation du sel
Le Musée du Sel décrit les techniques d’extraction et de production du sel à l’époque protohistorique. Nous connaissons cinq centres où s’exerça cette activité. Marsal semble le plus remarquable. Un réseau de chemins permettait l’exportation.
Les sources salifères sont exploitées de façon quasi industrielle selon la technique du briquetage, qui a façonné la campagne des alentours. Les dépôts de terre cuite, que l’on étudie actuellement, couvrent une superficie de 120 ha ; sous l’église de Marsal, par exemple, l’épaisseur fait 7,40 m. Ce gisement archéologique est connu depuis la fin du XVIIe siècle, lorsqu’on étendit les fortifications de Marsal. Les fouilles récentes permettent de dater le briquetage de la Seille entre le Bronze final et La Tène finale [5].Elles ont aussi précisé les phases de la fabrication et fixé la typologie des godets, bâtonnets, plaquettes, cuvettes et autres ustensiles. Ces éléments étaient fabriqués en grande série et séchés avant d’être utilisés.
Les fouilles ont révélé deux sortes de fours creusés dans le sol, qui pouvaient servir une douzaine de fois. Les fours circulaires servaient à la concentration du sel. On garnissait de charbon de bois le fond de la fosse. On plaçait dans le four, sur des cales, des cuvettes qui contenaient entre 10 et 20 l d’eau salée. La chaleur favorisait l’évaporation et la concentration de la saumure.
Le sel était conditionné lors d’une seconde étape. On installait au fond des fours en fer à cheval, au dessus du combustible, une sorte de grille faite de bâtonnets et de colifichets en terre. On plaçait des godets de terre pleins de saumure dans la grille.

- Le dispositif utilisé dans la technique du briquetage. Photo M. Heilig.
Sous l’effet de la chaleur, le sel se précipitait et se cristallisait dans ces moules, que l’on cassait ensuite pour récupérer le pain de sel. Le dispositif était détruit aussi. On jetait les déchets de terre cuite sur des dépotoirs, qui ont formé peu à peu les îlots de briquetage.
Le briquetage semble avoir été abandonné au profit des poêles à sel à la suite de la colonisation romaine. Cette nouvelle technique permettra une production industrielle [6]. Les poêles à sel étaient des cuves en tôles rivetées ; elles étaient rectangulaires et peu profondes, mais d’une surface assez grande. On les suspendait à un assemblage de poutres, au dessus d’un foyer [7]. On chauffait la saumure à une température de 60 à 80°. Le sel se déposait au fond du récipient, en cristaux d’autant plus fins que la température était élevée. De temps en temps, on raclait le fond avec un outil à long manche (volant) et on laissait le sel à égoutter au dessus des cuves.
Les fortifications de Marsal
La prospérité de Marsal semble s’être poursuivie pendant la période troublée qui fait suite aux Antonins. Nous ignorons comment le bourg résista aux invasions et s’il s’était mis à l’abri de fortifications. Les archéologues ont découvert des nécropoles mérovingiennes dans les environs. Au VIIe siècle, au moins 13 ateliers produisent des monnaies sur lesquelles on lit Marosallo Vico. Marsal devient le siège d’un des quatre archidiaconés du diocèse de Metz.
Jusqu’au XVIe siècle, l’exploitation du sel connaît une grande expansion sous l’autorité des évêques de Metz [8]. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, Marsal s’entoure d’une enceinte fortifiée. C’est une période florissante, bien que l’évêché de Metz doive se défendre des prétentions de grands seigneurs, du Duc de Lorraine surtout. Ils menaceront souvent la place, jusqu’à ce que l’évêché de Metz soit rattaché à la couronne de France en 1552. En ces temps incertains, Marsal est ballottée entre le Duc et le Roi. L’industrie du sel se poursuit néanmoins, enjeu de ces luttes incessantes.
Le Duc Charles III est vainqueur à la fin du XVIe siècle. Il entreprend de protéger la ville par un système défensif à bastions. Il ne terminera pas son œuvre, mais on entretiendra ces fortifications jusqu’à la fin du XVIIe siècle. La Guerre de Trente Ans (1618-1648) dévaste la région. Le Roi de France finit par l’emporter sur le successeur de Charles III [9]. Sur les conseils de Vauban, les fortifications ducales sont relevées et améliorées.

- Marsal. Porte de France. Photo M. Heilig
- L’extérieur de la Porte.

- Marsal. Porte de France. Photo M. Heilig
- L’intérieur de la Porte.
Pendant la Révolution et le Premier Empire, Marsal reste éloignée des conflits, mais retrouve son importance stratégique sous la Restauration. Louis-Philippe fait restaurer les fortifications et construire de nouveaux bâtiments. La ville retombe dans l’oubli sous le Second Empire.

- Marsal. Les remparts. Photo M. Heilig
Les fortifications sont percées pour y faire passer des routes. Certaines parties sont mises en culture ou servent de pâture ; d’autres sont laissées à l’abandon. Il faut attendre 1927 pour qu’elles soient restaurées. Elles sont classées Monument Historique depuis 1938.

- Marsal. Les remparts. Photo M. Heilig
Etablissements religieux
Grâce à l’importance que donna l’évêché de Metz à la ville de Marsal, les religieux furent nombreux à s’y établir. De leurs propriétés, il ne reste aujourd’hui que l’église des Capucins, occupée par une ferme, et la Collégiale Saint-Léger, qui est redevenue église paroissiale.

- Marsal. Ancienne église des Capucins. Photo M. Heilig
- Le portail de l’église.
La Collégiale Saint-Léger

- Collégiale St Léger. Photo M. Heilig
- Le côté nord de l’église.

- Collégiale St Léger. Photo M. Heilig
- Le côté sud de l’église.
L’église fut construite pendant l’époque mérovingienne. Ce n’est alors qu’une église paroissiale. En 1222, l’église fut élevée au rang de collégiale par l’abbesse Clémence de Neumunster am Blies, qui lui donne sa forme actuelle.

- La Collégiale Saint-Léger. Photo M. Heilig.
- La façade ouest.

- Collégiale St Léger. Photo M. Heilig
- Le chevet de l’église.

- Collégiale St Léger. Photo M. Heilig
- L’absidiole nord.
Jusqu’à récemment, le portail latéral nord était l’entrée principale. Sa belle décoration romane comprend un fronton triangulaire orné d’un bandeau d’arcs et des chapiteaux cubiques à lobes géminés et dessins concentriques (torsades, arcs chevronnés et moulurés). Quelques traces de polychromie apparaissent encore.

- Collégiale St Léger. Photo M. Heilig
- Le portail nord.

- Collégiale St Léger. Photo M. Heilig
- Détail du décor du portail nord.
Aujourd’hui, l’entrée se fait par le grand portail ouest, sans doute ouvert après la construction de la façade pour le passage des chanoines. Il est beaucoup plus simple, avec des chapiteaux d’un style très primitif.

- Collégiale St Léger. Photo M. Heilig
- le portail ouest.
Les deux tours donnent au massif occidental un aspect imposant. La façade n’est allégée que par deux fenêtres encadrées de têtes de monstres. La maçonnerie conserve des restes de moulures qui datent de l’édifice précédent.

- Collégiale St Léger. Photo M. Heilig
- Vestiges de maçonnerie ancienne dans la façade ouest.

- La Collégiale Saint-Léger. Photo M. Heilig.
- Gargouilles.
Les tours sont de hauteurs différentes car il semble que celle du sud se soit écroulée et n’ait pas été rétablie dans son élévation première. Les fenêtres à l’est de la tour nord ont de beaux chapiteaux romans.
En entrant dans l’église, on se trouve sous la tribune, dans ce qui était sans doute le chœur occidental. L’édifice est construit sur un plan basilical et comprend une grande nef centrale et deux nefs latérales moins élevées.

- La Collégiale Saint-Léger. Photo M. Heilig.
- Chapiteaux de la nef centrale.
Elles se terminent par un grand arc brisé devant l’abside du chœur, et par des arcs en plein cintre devant les deux absidioles en cul-de-four. La couverture est un plafond de bois. Les arcs en plein cintre entre les nefs reposaient à l’origine sur de grosses piles carrées.
Depuis le bas Moyen Âge, l’édifice subit plusieurs transformations. Au XIVe siècle, on détruisit l’abside romane, dont subsiste l’arc principal, pour la remplacer par un chœur gothique à cinq pans.

- Collégiale St Léger. Photo M. Heilig
- Les verrières gothiques percées dans la nef latérale nord. Les baies romanes ont été maintenues.
On ouvrit de grandes baies flamboyantes dans le mur du bas-côté nord, et l’on construisit la chapelle de Notre-Dame de Bon Renom [10]. Une voûte d’ogives couvrit l’entrée du chœur ; chapiteaux et clefs de voûte représentent des anges, des feuillages et des bourgeois de l’époque. A la fin du XVIIe siècle, on retailla les piliers en colonnes.
Plusieurs aménagements intérieurs méritent qu’on s’y arrête. Près de la porte de la sacristie se trouvent les restes d’un sépulcre du XIVe siècle. Au fond du bas-côté sud, un reliquaire montre l’Annonciation, l’Adoration des Mages, le Couronnement de la Vierge et le Christ en gloire entouré de St Pierre, St Paul, St Jean Baptiste et de St Jean l’Evangéliste. C’est un chef-d’œuvre de l’école lorraine du XIVe siècle.
Au fond du bas-côté nord sont placés les gisants Renaissance d’un comte de Salm et de son épouse. Ils sont accompagnés de deux bébés et d’un lévrier. Ces statues furent jetées dans les champs à la Révolution, mais les habitants les recueillirent.
La chapelle de Notre Dame de Bon Renom contient une statue de Ste Claire d’Assise en bois doré. Au pied de l’autel de l’absidiole nord, on peut voir les restes d’un bas-relief du XIVe siècle représentant les soldats endormis devant le tombeau du Christ.
Le monument funéraire de Fouquet de la Routte, gentilhomme dauphinois et gouverneur de Marsal, mort en 1589, est adossé au mur sud du chœur. De l’autre côté, un grand Christ en croix, en bois peint, est daté du XVIIe siècle. Les stalles du chœur viennent de l’abbaye de Salival ; elles sont du XVIIIe siècle.
Tornow travailla aussi pour l’église de Marsal [11] : il est l’auteur du dessin du groupe sculpté de la Vierge et l’Enfant, dans l’absidiole nord, ainsi que de celui du maître-autel. Celui-ci fut édifié en 1895 dans un style proche du gothique du XVe siècle. Au dessus des bustes des évangélistes, une châsse contient les ossements de St Léger. Une autre renferme ceux de St Livier, qui fut martyrisé par les Huns à Marsal ; elle fut offerte par Mgr du Pont des Loges, évêque de Metz.
A partir du milieu du XIXe siècle, l’église bénéficia d’un grande restauration, qui fut poursuivie par Tornow pendant l’Annexion. De nouveaux travaux sont aujourd’hui indispensables. Le bâtiment, en raison de l’instabilité du sous-sol, doit être consolidé [12]. Des projets sont à l’étude.
TARQUIMPOL
De Marsal, rejoindre la D 38 et gagner Dieuze. Dans la ville, tourner à droite et suivre la D 999. Un peu avant Gelucourt, prendre à droite la D 199, puis la route qui, sur la gauche, mène à Tarquimpol et à sa presqu’île.
La voie de Reims à Strasbourg traversait Decempagi, l’actuelle Tarquimpol [13] d’est en ouest, mais son cours exact n’est pas encore assuré. D’autres routes arrivaient à cette localité.
On a trouvé à Tarquimpol des monnaies jusqu’au début du V e s. Elle résista donc longtemps derrières ses fortifications du Bas-Empire. La fin de Decempagi se situe vraisemblablement pendant la grande invasion de la fin de 406, mais Francs semblent s’y être installés car on a trouvé une grande nécropole près et en dessous de l’église. Le nom de Decempagi resurgit au VIIIe siècle, lorsque Paul Diacre, dans son histoire des évêques de Metz, parle de l’arrivée des Huns devant la localité. Pendant des siècles, le site a servi de carrière pour le village et ceux des environs.
De tout temps, le village fut le lieu de trouvailles.
Les substructions gallo-romaines montrent que la bourgade était orientée différemment du village actuel. A l’entrée de l’agglomération, on a trouvé le dépôt d’outils et d’ustensiles d’un paysan vigneron ; il date du IIIe siècle et correspond sans doutes aux troubles de 275. Non loin de là apparurent les vestiges d’un grand monument de la fin de l’époque julio-claudienne ou du début de la période flavienne (éléments d’architecture sculptés, bases de colonnes) et le dépotoir d’une officine de céramique. Partout, une couche d’incendie suggère la fin tragique du vicus. Les archéologues ont aussi reconnu l’élévation du rempart de terre.
Une partie du site antique gît aujourd’hui sous les eaux de l’étang de Lindre : plusieurs lieux d’occupation gallo-romaine, dont une tuilerie, une forge et un vaste ensemble de type résidentiel, ont été relevés en 1976, alors que l’étang était à sec [14]. Tarquimpol réserve donc encore bien des découvertes.

- Tarquimpol. Croquis du théâtre et de l’ensemble plus ancien. Photo M. Heilig.
- A l’ouest, l’ensemble ancien, qui disparaît sous l’emprise du théâtre : trois logs murs aboutissent à une construction (temple ?). Ils sont bordés au sud par un fossé (en bleu). Le téâtre est bien apparent, avec la cavea, l’orchestre et la scène.
En 1981, une photo aérienne révéla au sommet de la presqu’île, au lieu-dit Le Vieux Château, un théâtre orienté est-ouest. Le grand axe fait entre 125 et 130 m. La cavea, les gradins, l’orchestre et le mur de scène sont bien visibles. Un bâtiment imposant, plus ancien que le théâtre, se trouve à l’ouest. Il est composé de trois murs rectilignes et parallèles qui aboutissent à une construction trapézoïdale, peut-être un temple. La cavea du théâtre empiète sur la partie nord de cet édifice.
Les sculptures qui proviennent de Tarquimpol sont assez peu nombreuses dans les musées. Le Musée de la Cour d’Or, à Metz, possède une stèle funéraire de grès rouge, représentant le buste d’une femme, avec l’inscription en dessous [15]. Au Musée Lorrain de Nancy, une tête d’homme barbu pourrait être un fragment d’un groupe du cavalier à l’anguipède, attestant la présence de ce monument à Decempagi [16].
Deux éléments de stèles funéraires sont pris dans la maçonnerie de l’église.

- Tarquimpol. Bas-relief dans la maçonnerie de l’église. Photo M. Heilig.
- Esp. VI, 4500. Fragment de stèle funéraire. Calcaire. Hteur : 0, 55 m. Restes d’un homme et d’une femme drapés.

- Tarquimpol. Bas relief dans la maçonnerie de l’église. Photo M. Heilig.
- Fragment de stèle, peut-être funéraire. Visages d’un homme et d’une femme.
En plusieurs endroits du village, on peut voir des chapiteaux composites de grande taille et de bonne facture.

- Tarquimpol. Photo M. Heilig.
- Chapiteau dans la rue du Théâtre.

- Tarquimpol. Photo M. Heilig.
- Châpiteau dans la rue du Théâtre.
Le mieux conservé de ces chapiteaux se trouve dans l’église de Lindre-Haute.
LINDRE HAUTE
Revenir à Dieuze et, dans la ville, prendre sur la droite la D 38. Sortir de Dieuze. Peu après, prendre à droite la route qui mène à Lindre-Haute.

- Lindre-Haute. Photo M. Heilig.
- Le chapiteau qui sert aujourd’hui d’autel dans l’église.
Dans l’église du village, un magnifique chapiteau composite sert aujourd’hui d’autel. Son plan supérieur est creusé car il a servi de fonts baptismaux. Cet élément architectural vient de Tarquimpol. Il fut transporté à son emplacement actuel vers 1750.

- Lindre-Haute. Photo M. Heilig.
- Le chapiteau qui sert aujourd’hui d’autel dans l’église.
[1] Jours d’ouverture du musée : tous les jours sauf le lundi et fermeture le 1er mai et du 23 décembre au 7 janvier inclus. Horaires : 9 h 30-12 h 00 et 13 h30 -18h00
Tel 03 87 35 01 50
Fax 03 87 35 01 59
Demander sur place pour une visite guidée.
[2] BERTON, BOURAS, FERRY & MONTIGNY, Marsal, Le Musée du Sel, SAEP 1994
[3] Ou Côte St-Jean, sur les cartes actuelles.
[4] TI CLAUDIO DRUSI F CAESAR AUG GERMAN (...) PONT MAX TRIB POTESTAT III IMP III P P COS DES (...) VICANI MAROSALLENSES PUB DEDICATA VIII K OCTOB ANNO C PASSIENI CRISPI II T STATILIO TAUROCO. C. Robert la date de 43 ap. J.-C. Cf. C. Robert et R. Cagnat, Epigraphie gallo-romaine de la Moselle, II, Paris 1873, p. 7 et suiv.
[5] Cf. A. Kiner, Les Celtes, une histoire pleine de sel, in Sciences et Avenir, oct. 2001, p. 103 et suiv.
[6] Pemière mention d’une poêle à sel en 682, dans un texte qui se rapporte à Marsal
[7] Ce système causait un grande déperdition de chaleur. Aussi l’un des plus importants perfectionnements consista à canaliser les gaz chauds entre des murets de briques, sur lesquels on posait les poêles
[8] Au XIIIe siècle, une trentaine d’établissements religieux dirigent plus d’une centaine d’ateliers de production.
[9] En 1663, Louis XIV vint en personne recevoir les clefs de la ville. Cet événement est immortalisé par une tapisserie des Gobelins conservée au château de Blois
[10] Ou Notre-Dame de la Persévérance.
[11] Tornow est surtout connu pour ses travaux à la cathédrale de Metz. Entre 1898 et 1903, il en construisit le grand portail.
[12] Les fondations de l’église, on l’a vu, reposent sur plus de sept mètres de briquetage, au dessus d’un terrain marécageux.
[13] le nom de Tarquimpol, malgré sa consonance gréco-latine, est une déformation du germanique Teich im Pfuhl. Le nom antique, que mentionnent l’itinéraire d’Antonin et la carte de Peutinger, était Decempagi. Ammien Marcellin mentionne la localité dans son récit d’une bataille entre Romains et Alamans en 356. Cf. Res Gestae XVI, 2
[14] L’étang de Lindre est sous eau pendant deux ans, et asséché et mis en culture la troisième année.
[15] Esp. VI, 4506. Inscription : D M SOLIDIA(E) MINUT(A)E.
[16] Esp. VI, 4511.
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11 commentaire(s)Bonjour, C’est bien moi. Que devenez-vous ? Je serais heureux de vous revoir.
Marc
Bonjour,
Le musée du sel de Marsal est devenu musée départemental du sel depuis le 1 janvier 2004
les horaires d’ouverture sont depuis du mardi au dimanche 9h30 - 12h et 14 - 19. Il est fermé les lundis et le 1 mai. également du 23 décembre au 7 janvier. il existe un petit livre (ininéraire du Patrimoine Marsal)qui relate admirable la richesse du patrimoine de Marsal
Jézabel
Hello, Bravo pour cet article sur la Seille (je cherchais justement des photos) Et quelle rigueur ! références biblios et tout et tout... Mais qui sont donc les rédacteurs d’archéographe ?
Jean Louis Strasbourg
Au fait, quelle est l’origine du nom Dieuze ? Marsal, Château Salins ça va, mais Dieuze ?
JL
C’est une question intéressante... à laquelle je ne puis donner de réponse pour l’instant. La Toponymie de la France d’Auguste Vincent ne mentionne pas ce toponyme. Je vais tâcher de vous donner satisfaction prochainement... à moins que quelqu’un trouve la solution d’ici là !
Cordialement,
Marc Heilig
Enfin un nom sans rapport avec le sel, ça ne fait pas de mal. Je ne connaissait pas l’origine du nom de Dieuze, désormais je m’endormirai moins bête. Petite question pour le webmaster du site et pour les lecteurs, je m’intéresse à la voie romaine qui va de ad duodecimum (Delme) à decempagi (Tarquimpol) et pas par marosallenses vicus (Marsal), son tracé n’est pas encore entièrement connu. Ainsi, quelques toponymes peuvent être révélateurs de voies romaines, c’est le cas de maison-rouge, haute-borne,... (cf. http://www.e-monsite.com/voiesromaines35/rubrique-1015167.html) Ainsi, si vous en connaissez dans les coins de chez vous, libre à vous de me le faire savoir. Merci beaucoup,
Vincent HADOT.
Nous ne nous sommes en effet jamais présentés. C’est un oubli que nous allons combler dans notre prochaine lettre de nouvelles. Vous la recevrez aux alentours du 20 juillet prochain.
Cordialement
Marc Heilig




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