Saint Arbogast sous le Gros-Chêne en forêt de Haguenau.

L’incursion des peuples nordiques avait presque ruiné le diocèse de Strasbourg. Dieu eut pitié de lui et lui envoya au VIe siècle un grand pontife dans la personne de Saint Arbogast (Vie des Saints). Saint Arbogast sous le Gros-Chêne fait partie de l’imagerie populaire de Haguenau. Il a sa fête le 21 juillet. Histoire et légende.


A huit kilomètres de leur ville, le site du Gros-Chêne est un des lieux de détente favoris des Haguenoviens. On y trouve au bord de l’Eberbach [1] les restes d’un ancien chêne rempli de béton et coiffé d’un chapeau en tôle, ainsi qu’une chapelle avec un petit puits et un monument. C’est là que saint Arbogast aurait vécu en ermite au VIe siècle, avant d’être nommé évêque de Strasbourg.

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Vitrail de Th. Bohl représentant saint Arbogast en évêque. Chapelle des Missions Africaines à Haguenau.
Photo M. Heilig

Un restaurant et une aire de jeux y accueillent les familles. Un peu plus loin, en bordure d’un pré, deux tumulus artificiels rappellent les nombreuses sépultures des Ages du Bronze et du Fer. Un chemin de découverte et un parcours du cœur partent de là. Un peu plus loin, à 1,4 km en allant vers l’ouest par le chemin de l’Ermite, on trouve une source, dite de l’Ermite [2].

Qu’en est-il exactement ?

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Estampille d’Arbogast sur une tuile de la cathédrale de Strasbourg.
Dessin de R. Forrer

Il n’existe aucune source écrite de l’époque qui mentionne Arbogast. Les seuls indices connus sont des tuiles trouvées à Strasbourg en 1766/67 à l’emplacement de l’ancienne chapelle Saint-Michel, dans l’ancien cimetière gallo-romain et mérovingien [3], ainsi qu’à l’angle sud-ouest de la cathédrale. Elles sont marquées ARBOGASTIS EPS FICET dans un cadre rectangulaire aux extrémités en queue d’aronde, comme c’est parfois le cas des tuiles romaines.

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Estampille d’Arbogast sur une tuile de la chapelle St Michel de Strasbourg.
Dessin de R. Forrer

Ce qu’en disent les historiens aujourd’hui.

Arbogast, d’origine franque, évêque de la seconde moitié du VIe siècle, serait issu d’une famille noble d’Aquitaine bien introduite à la cour. Il est probablement venu en Alsace avec le titre d’évêque pour christianiser les Alamans, que les Francs, convertis depuis le baptême de Clovis, avaient vaincus.

A l’époque mérovingienne, l’évêque Arbogast reprend des tuileries romaines et les traditions de l’artisanat romain qui n’étaient pas encore complètement effacées par les envahisseurs alamans. Il remplace les lieux de culte païens par des sanctuaires chrétiens : l’un à l’intérieur du castellum des légions, avec une église dédiée à la Vierge, à l’emplacement de la cathédrale de Strasbourg ; l’autre extra-muros, dans le cimetière gallo-romain. Il met la première église paroissiale de la ville sous le patronage de Saint-Martin [4] et élève sa résidence et celle des élèves qui l’entouraient à côté de la cathédrale.

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La chapelle St Michel de Strasbourg.
Gravure de Silbermann

Saint Arbogast est décédé vers 590. Il désirait être enseveli parmi les malfaiteurs exécutés au mont Saint-Michel, à la sortie de la ville de Strasbourg. Selon la légende, la chapelle St-Michel aurait été construite en 668 sur le tombeau du saint. La Vita, écrite au Xe siècle et légendaire par ailleurs, confirme l’existence de cette sépulture. Le sarcophage est encore attestée dans la chapelle aux XVe et XVIe siècles. La plupart des ossements furent translatés à l’abbaye bénédictine de Surbourg, où les reliques furent volées en 1449.
Les chroniques disent que la chapelle s’élevait sur une butte qui avait servi de lieu de sépulture à l’époque romaine et, plus tard, aux exécutions ; l’endroit portait le nom de Henckersbuckel. L’édifice, sans fondations, fut détruit en 1766 et le tertre fut arasé. La lithographie de Silbermann et le plan-relief de 1725 montrent des contreforts et des fenêtres romanes et gothiques. Le chœur, sans transition avec la nef, était surmonté d’un clocheton. La toiture était vraisemblablement en tuiles canal. Sur le plan de Blondel figure une petite adjonction, peut-être une sacristie [5].

Arbogast tient le sixième rang dans les plus anciens catalogues des évêques de Strasbourg ; il y est le premier de nom germanique. Son œuvre consistait à convertir au christianisme les Alamans, qui étaient hostiles à la religion des vainqueurs. Dans ce but, la monarchie franque, avec son aide et celui de moines d’origine franque, implanta une cellule monacale sur les ruines du fortin gallo-romain de Surbourg, près de l’ancienne civitas [6] romaine, probablement vers 570. Ce couvent, le premier établissement monastique d’Alsace, fut placé sous le patronage de Sainte-Marie et de Saint-Martin. Il reçut de généreuses donations du roi Dagobert vers 676 ; les moines y construisent alors une église baptismale dédiée à Saint-Jean Baptiste.

Vie et fin d’une légende.

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Gravure représentant saint Arbogast et son ermitage au pied du Gros Chêne.
Document A. Wagner

On ne sait pas à quand remonte la légende de l’ermite Arbogast devenu évêque. Ni Bernhart Hertzog [7] dans sa Chronicon Alsatiae – Edelsasser Cronik und ausführliche beschreibung des untern Elsasses am Rheinstrom de 1592, ni Georg Joseph Barth [8] dans son Code n’en parlent.

Deux récits d’Arbogast sous le chêne apparaissent simultanément en 1876. Franz Batt écrit en 1876 [9] :
« …Et aussi Saint Arbogast, dont la famille est issue d’Aquitaine aux bords de la mer, était ici avant d’être appelé comme évêque de Strasbourg, à la tête d’une équipe de fervents serviteurs de Dieu qui étaient disséminés dans l’épaisse forêt. Le chêne de l’ermite, avec son exceptionnelle circonférence est encore aujourd’hui le puissant témoin de ce merveilleux passé. Dans une partie éloignée de la forêt, au lieu-dit Blumengarten, il y a quelques années encore il étendait ses bras gigantesques, mais maintenant l’un ou l’autre s’affaisse et il semble proche de sa fin du fait de son âge ».

De son côté l’abbé Victor Guerber, curé de la paroisse Saint-Georges, écrit, également en 1876 [10] :
« Le célèbre patron de l’église de Strasbourg, et l’une des gloires les plus pures de ce siège épiscopal, issu d’une très noble famille d’Aquitaine au VIIe siècle, quitta le ciel si doux de sa patrie, et vint s’ensevelir dans le partie la plus retirée de cette solitude. Le lieu où vivait Saint Arbogast est marqué par un chêne monstrueux, d’une haute antiquité, appelé chêne de l’ermitage, et que la tradition populaire fait remonter au saint ermite qui vivait à son ombre ; c’est encore de nos jours un lieu de pèlerinage pour les pieux habitants de la contrée. …. ».

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Gravure représentant l’ermitage de saint Arbogast.
Document A. Wagner

Cette légende semble donc remonter au XIXe siècle. Elle est déjà contestée au début du XXe par Ch. Weigel [11]. Après chaque sermon du curé de Saint-Georges à ce sujet, il professait le contraire à la sortie de la messe, après quoi il se faisait rappeler à l’ordre par le prêtre qui lui demandait de laisser ses croyances au peuple. J. Klélé [12] semble avoir eu des doutes sur la vraisemblance de cette histoire car il reste très vague dans Ursprung und Entwickelung der Stadt Haguenau, édité en 1921. En 1946, l’abbé Gromer [13] semblait encore y croire, dans Haguenau face à sa détresse. Il écrit que « Saint Arbogast ne quitta la solitude de la forêt de Haguenau que pour le trône épiscopal de Strasbourg ». L’abbé A. M. Burg [14] ne mentionne plus l’ermite sous le chêne dans son Histoire de Haguenau racontée aux jeunes éditée en 1950.

D’où vient cette légende ?

De très nombreuses légendes glorifient le chêne, une des essences principales de la forêt primitive de Haguenau. N’oublions pas que les Haguenoviens, grâce au droit de glandée qui leur avait été donné par la charte de Barberousse en 1164, y faisaient paître de 7 à 10 000 cochons sous la surveillance du porcher communal.

Le chêne est l’arbre sacré dont de nombreuses traditions ont défié les siècles. C’est l’arbre par excellence, celui de Zeus-Jupiter, le dieu du tonnerre. Il représente l’axe du monde tant chez les Celtes qu’en Grèce, il est symbole de solidité, de puissance, de longévité et de hauteur, autant au sens spirituel que matériel et, en tout temps et tout lieu, synonyme de force. En latin, chêne et force utilisent le même mot robur, force morale et force physique. Les guerriers valeureux sont couronnés de feuilles de chêne.
Cet arbre est l’instrument de communication entre le ciel et la terre : Abraham a reçu les révélations de Yahvé auprès de chênes. Les exemples abondent dans la mythologie grecque : dans l’Odyssée, Ulysse, sur son retour, vient consulter deux fois le feuillage divin du grand chêne de Zeus ; dans son sanctuaire de Dodone, le dieu donnait des oracles par le truchement du vent dans le feuillage des chênes ; la Toison d’Or, gardée par un dragon, était suspendue à un chêne... Les druides, dont le nom se traduit par homme de chêne, ont droit à la fois à la sagesse et à la force puisque ces deux valeurs sont symbolisées par cet arbre. Par son tronc, par son feuillage touffu et par son propre symbolisme, il est chez les Celtes l’emblème de l’hospitalité et l’équivalent d’un temple. C’est aussi, selon la légende, l’arbre sous lequel Saint Louis rendait la justice.

On ne trouve pas de mention de culte druidique en forêt de Haguenau, mais il est fort possible que la tradition populaire véhicule des légendes païennes locales. Il se peut que l’Eglise les ait reprises à la gloire de saint Arbogast, qui aurait ressuscité le fils d’un roi Dagobert tué par un sanglier.

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Inondation au Gros Chêne.
Photo A. Wagner

Le XIXe siècle, celui du romantisme et de la mythologie, fut une époque favorable aux légendes. Le subconscient collectif aidant, la population était disposée à accepter cette légende sans prêter attention au manque de vraisemblance. En effet, le site du Gros Chêne est inondable [15] et un arbre en vie depuis le VIe siècle une impossibilité évidente.

Ainsi ce site plaisant, sur la rive de l’Eberbach, suffisamment loin pour procurer un dépaysement mythique et assez près pour y aller et en revenir dans la journée, est quasi devenu un lieu de pélérinage. Il est vrai que nous nous trouvons là en Forêt Sainte, où séjournaient des ermites aux XIVe ou au XVe siècles, comme le rappelle le nom de la maison forestière du Bruderhaus au bord de la route de Woerth, la Maison des Frères.

Les aménagements du site.

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La stèle du Gros Chêne.
Photo A. Wagner

En 1862 le curé de Saint-Georges, Victor Guerber, qui semble avoir été à l’origine de cette légende, fit ériger une stèle sur laquelle on lit en français, en allemand et en latin :
Ici, dans l’ermitage qui a donné son nom à la Forêt Sainte, séjourna longtemps, ignoré du monde et ne vivant que pour Dieu, Saint-Arbogast. La renommée de sa vertu exemplaire se répandit et, plébiscité par les clercs et le peuple, il fut appelé en l’an 673 [16] au siège épiscopal de Strasbourg dont il développa le prestige par ses actes, ses miracles et son exemple. L’Alsace reconnaissante lui voue un culte éternel.
L’inauguration avait donné lieu à une grande fête authentiquement patriotique [17] à laquelle prirent part les autorités civiles et militaires. A ce moment le chêne avait encore quelques branches vertes et un petit puits muré, à proximité, donnait l’ambiance dans laquelle le saint aurait vécu.

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Document A. Wagner

Le Gros-Chêne, qui avait de 7 à 800 ans et environ 7 mètres de circonférence à la base, brûla partiellement en 1910. Il fut foudroyé le 13 novembre 1913. Tombé à terre, on le débita et les menuisiers de Haguenau se partagèrent ce bois très convoité pour réaliser des pièces d’examen au brevet de maîtrise de leurs compagnons, avec l’espoir que saint Arbogast implorerait la clémence du jury envers les candidats. Le morceau du tronc qui subsiste actuellement se trouvait à peu près à mi-hauteur de l’arbre.

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La chapelle du Gros Chêne.
Photo A. Wagner

En 1955, le curé de Saint-Nicolas, F. L. Hauss, fit construire une petite chapelle près du tronc. Elle fut réalisée bénévolement par des entreprises haguenoviennes : fondations par Ziegler-Roth, maçonnerie par Renner, charpente par Hohwald, couverture par Hild, fournitures par Mehl, portail en fer forgé par Benninger.

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La fresque de L. Helmer.
Photo A. Wagner

La fresque murale, peinte par L. Helmer, représente le saint au pied de la croix près du chêne [18]. La cloche du pignon a été fondue par Edel de Strasbourg en 1826 ; elle provient du clocher de la chapelle des Annonciades, l’actuel collège Foch [19].

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Le curé Hauss.
Photo A. Wagner

L’effigie en bronze du curé Hauss fut coulée dans la fonderie des Ets Vincent-Frères par A. Wagner, l’auteur de ces lignes, sur un modèle de T. Ruhlmann.

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Croix de la chapelle.
Document A. Wagner

Enfin, la croix et les chandeliers, en fer forgé et en cuivre, sont l’œuvre de Trendel selon les dessins de L. Helmer. Quant aux dalles, elle ont été récupérées sur la place du forum.

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Le tronc du Gros Chêne aujourd’hui.
Photo A. Wagner

Documentation :

Franz Batt, Das Eigenthum zu Hagenau im Elsaß.
Dictionnaire de biographie alsacienne.
Encyclopédie d’Alsace.
Etudes haguenoviennes, tome X-1984.
Haguenau, Art et Architecture. Cahiers de l’inventaire.
Victor Guerber, Histoire politique et religieuse de Haguenau.
Le patrimoine des communes du Bas-Rhin. Editions FLOHIC.
Untitled Document. http://perso.wanadoo.fr/saintarbogast
Vies des Saints.

[1] Littéralement : rivière des sangliers, appelée autrefois Bieberbach, c’est à dire rivière des castors.

[2] Prendre le chemin de l’Ermite qui va vers la route de Wissembourg ; après un kilomètre, un chemin à droite mène à cette source qui se trouve 400 mètres plus loin, exactement dans la première courbe du chemin, un peu cachée par les arbres. On y trouve un autel en grès et des bancs.

[3] Aujourd’hui Clinique Sainte-Barbe.

[4] Saint-Martin était le grand saint des Mérovingiens.

[5] Selon d’autres sources, un premier sanctuaire à cet emplacement apparaitrait dans les documents écrits dès 728 comme église dédiée à Marie. Une chapelle y aurait été construite en 1069. Les Luthériens l’auraient détruite en 1530. Le sarcophage-reliquaire aurait servi d’abreuvoir jusqu’en 1610 ; il aurait alors été racheté et porté à Saverne. Toutefois, le plan-relief, la lithographie de Silbermann et le plan Blondel sont des témoins bien plus solides.

[6] Petite ville.

[7] Bernhardt HERTZOG (1537 Wissembourg-1596 Woerth ? ). Chroniqueur et Secrétaire du Duc de Deux-Ponts.

[8] Georg Joseph BARTH, (1718-1796). Bibliothécaire de la ville de Haguenau et constructeur de l’hôpital civil de Haguenau.

[9] Franz BATT (1823-1881). Professeur de mathématiques. Das Eigenthum zu Haguenau im Elsaß, page 6.

[10] Histoire politique et religieuse de Haguenau, tome 1, page 434.

[11] Ch. WEIGEL, instituteur et auteur, était un original. Il habitait derrière le théâtre et collectionnait tout ce qui lui tombait sous la main. Il détenait en particulier la totalité des affiches des films de cinéma joués à Haguenau depuis les films muets, collection malheureusement perdue.

[12] J. KLELE (1846-1935). Historien de Haguenau, Archiviste de la ville.

[13] Georges GROMER (1879-1954). Archiviste-bibliothécaire, Conservateur du Musée Historique de Haguenau.

[14] André Marcel BURG (1913-1987). Archiviste-bibliothécaire, Conservateur du Musée Historique de Haguenau.

[15] L’ancien nom de l’Eberbach, Bieberbach, rappelle la présence de castors. Par leurs barrages, ces animaux, sympathiques par ailleurs, rehaussaient le niveau de l’eau et rendaient les berges marécageuses, donc impropres à la vie d’un ermite à proximité.

[16] C’est là une erreur car Arbogast vécut au cours de la seconde moitié du VIe siècle.

[17] D’après le Journal de Haguenau : so ächt patriotischen Feierlichkeiten.

[18] Le mot de fresque ne convient guère. Cette œuvre a été réalisée en 1956 en crépi gratté. Cette méthode consiste à mettre en place trois couches de mortier à la chaux de couleurs différentes : la couche fond colorée en noir, la couche médiane en sable rose, la couche supérieure additionnée de chaux blanche. Le dessin est gratté selon l’esquisse de l’artiste.

[19] On voit encore ce clocher sur d’anciennes cartes postales.

Publié le 3 mai 2007 par André Wagner