Sur les traces du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

Le pèlerinage vers St-Jacques-de-Compostelle a mis, depuis le Moyen Age, des foules sur ses chemins. Les pèlerins qui venaient d’Allemagne traversaient l’Alsace et faisaient halte à Haguenau.

SAINT JACQUES EN ALSACE.

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Pèlerins.
Illustration tirée de la Nef des fous de Sébastien Brant.

Dans la région de Haguenau, la vénération de Saint Jacques ne date pas du IX e siècle car il était déjà connu en Alsace longtemps avant la découverte du tombeau du saint au campus stellae [1] vers l’an 800, et le pèlerinage à Compostellede l’évêque du Puy Godescalc.

On peut penser que certains soldats et commerçants romains venus sur les bords du Rhin étaient chrétiens, et l’on doit aux moines irlandais venus en Alsace la fondation des premiers couvents d’où sont issus la culture des âmes et des champs. Ces moines avaient une vénération particulière pour saint Jacques et pour l’archange saint Michel. Ce dernier a souvent été choisi comme patron des églises, qu’il fallait protéger contre le retour des dieux païens [2]. Ceci peut expliquer le choix de saint Michel comme patron de l’église de Kurtzenhouse, et de saint Jacques pour celle de Gries [3], deux villages en pleine forêt, à quelques kilomètres de Haguenau. Saint Jacques est aussi patron des églises de Schweighouse, de Climbach, de Gundershoffen, de Lembach, de Niederroedern et de Riedselz : il fut donc un des premiers saints populaires au Haut Moyen Âge dans la région de Haguenau. Dans le recensement de la fin du XIII e siècle des noms de baptême de la population haguenovienne tirés de la Bible [4], Jacobus vient en seconde position, après Johannes et avant Petrus.

1- LE CHEMIN DES PELERINS DANS LE NORD DE L’ALSACE.

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Sanctuaires des Jacquets.
Carte de 1648
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La statue de Spire.
Photo J.-C. Heilig

Un chemin emprunté par les pèlerins venant du nord passait par Worms, Spire, Wissembourg et, inévitablement, Haguenau et Strasbourg pour rejoindre un des grands itinéraires du sud de la France vers Compostelle, probablement celui du Puy. Une statue en bronze devant la cathédrale de Spire rappelle l’époque où le flot de pèlerins traversait la ville [5]

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La statue de Spire.
Photo J.-C. Heilig
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La statue de Spire. Détail.
Photo J.-C. Heilig

Un chemin qui traversait la forêt de Haguenau et la ville est cité dans les archives municipales sous le nom d’Urweg [6]. Il a été dévié par la suite, d’abord par le château puis par la ville en entrant par le Schottentor, et se retrouve probablement dans le nom d’une parcelle cadastrale Altstrass [7]. Ce chemin est peut être une des voies romaines secondaires rayonnant autour des carrefours de Seltz, Brumath et Niederbronn.

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Le chemin de St Jacques à travers Haguenau sur une maquette de la ville.
Photo A. Wagner

Certains [8] croient reconnaître son parcours à travers la ville : il croisait la Moder au bout de l’île [9], l’endroit le plus facile à franchir loin à la ronde, là où les eaux se partagent entre les deux bras de la rivière.

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Rue de l’Etoile.
Photo A. Wagner

Puis le chemin passait par les actuelles rue de l’Etoile et rue du Sel. Le tracé sinueux et les coins coupés du magasin de la rue du Sel et de la chapelle des Annonciades en témoigneraient.

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Rue du Sel.
Photo A. Wagner
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Porte de la chapelle des Annonciades (Lycée).
Photo A. Wagner

La traversée à gué des rivières était particulièrement appréciée des pèlerins car l’avidité des bateliers était un des nombreux périls de leur route. La vallée de la Moder, marécageuse et parfois inondée, n’était pas toujours franchissable à gué, d’où la nécessité impérative d’un hébergement de part et d’autre de la rivière, ceci d’autant plus que ce passage se situe à une journée de marche entre Wissembourg et Strasbourg.
On sait que jusque vers l’année 980, la sécurité du pèlerinage vers Compostelle s’accroît, et aussi sa renommée. A cette époque, l’hébergement s’organise dans les monastères des diverses régions que les pèlerins doivent traverser [10]. Il en allait probablement de même dans la région de Haguenau. A l’heure actuelle, on ne peut faire que des hypothèses sur les premiers habitants du site, mais l’origine de l’agglomération est peut-être à chercher dans ces auberges qui accueillaient les voyageurs qui arrivaient au bord de la Moder, fatigués d’une journée de marche ou arrêtés par les crues.

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La statue de Spire. Détail.
Photo J.-C. Heilig

2- LE VIEIL HÔPITAL DE HAGUENAU.

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Sceau de la ville de Haguenau.
Photo A. Wagner

Frédéric Barberousse [11], qui avait une résidence impériale sur l’île de la Moder [12], dit avant de partir en croisade en 1189, dans l’acte de fondation du Vieil Hôpital [13], aujourd’hui église Saint-Nicolas :
« Au nom de la Sainte et Indivisible Trinité, Frédéric, par la clémence divine, empereur des Romains.(...) Nous voulons mériter le sort de ceux à qui le juge du jugement dernier dira : Venez, les bienheureux, et prenez part au royaume de mon père ! C’est pourquoi Nous avons construit un hôpital sur nos terres à Haguenau, pour y rompre le pain aux affamés et que l’on y reçoive les errants et les pauvres.(...) Au nom de la Sainte et Indivisible Trinité, Frédéric, par la clémence divine, empereur des Romains. »

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La statue de Spire.
Photo J.-C. Heilig

L’Empereur donne ainsi le but de la fondation Vieil Hôpital, mais en réalité il a peut-être récupéré et développé un établissement préexistant sur l’ancien Urweg. La création d’un hôpital en dehors de la ville n’a rien d’exceptionnel à cette époque [14] car entre 1150 et 1230, au moment où l’accroissement de la population et l’émigration vers la ville étaient les plus forts, les hôtels-Dieu ont souvent été transférés vers l’extérieur de la cité pour des raisons sanitaires [15].

On peut donc trouver plusieurs motivations à la fondation [16] du Vieil Hôpital par Frédéric Barberousse :
- Prendre des mesures prophylactiques [17]. L’endroit s’y prête bien, les vents sont favorables et l’eau rejetée évite la ville.
- L’établissement qui existait probablement déjà à cet endroit serait peut-être devenu insuffisant.
- Placé hors les murs, du moins avant la construction de la troisième muraille vers 1300, les Prémontrés pouvaient y séparer les véritables pèlerins de ceux qui ne l’étaient pas car dans le flot se trouvaient souvent des éléments douteux [18].
- Implorer les bonnes grâces et la protection du Ciel avant de partir pour une croisade dont il ne devait pas revenir [19].

Vu l’importance du culte des rivières chez les Celtes [20], cet établissement comportait probablement un endroit réservé aux Dieux. La traversée de la Moder présentait les mêmes difficultés dans les deux sens, on donc peut imaginer un tel abri sur les deux berges. Christianisés par la suite pour les besoins de la cause, on pourrait chercher là l’origine de l’église Saint Nicolas, et aussi celle de Saint Georges qui était placée sur une colline en face du gué [21].

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La statue de Spire.
Photo J.-C. Heilig

L’église du Vieil Hôpital, initialement dédiée à la Vierge [22], aurait possédé comme relique un doigt de Saint-Nicolas. Il est donc normal qu’en sa qualité de patron des voyageurs, il ait pris très tôt le pas sur elle. Nous voyons, de part et d’autre du porche d’entrée de l’église, les statues du saint patron Nicolas et de Saint Norbert, patron des Prémontrés, auxquels Frédéric Barberousse a confié l’hospice, mais nous ne trouvons pas de traces de saint Jacques, qui y aurait eu sa place en ce lieu.

L’histoire du développement de l’hospice n’est pas bien connue. La première église a probablement été incendiée en 1298 par les Strasbourgeois. Vers 1300, la tour romane, ou ce qui en restait après l’hypothétique incendie, a été englobée dans une première extension de l’église, agrandie par la suite en 1424. En 1455, il est fait mention d’un autel dédié à saint Jacques [23]. A cette époque l’intérieur des églises étaient peint. Saint-Jacques avec sa coquille figurait probablement sur une fresque. Malheureusement toutes les peintures murales ont été effacées lors des rénovations, surtout après les importants dégâts des combats de la Libération en 1945.

3- L’EGLISE SAINT GEORGES ET SA CHAPELLE SAINT JACQUES.

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La chapelle St Jacques de l’église St Georges à Haguenau.
Photo A. Wagner

Faute de reliques, l’église Saint-Georges n’était pas particulièrement attractive pour les pèlerins. Nous y trouvons cependant une chapelle dédiée à saint Jacques (sans sa coquille), de style gothique flamboyant. Attenante à l’église, elle fut commanditée en 1496 par Jacques de Fleckenstein comme chapelle funéraire pour son épouse Véronique d’Andlau. Là, nous voyons la croix rouge des Johannites mais aucune référence à Compostelle.

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Epitaphe de Véronique d’Andlau.
Photo A. Wagner

Les Johannites [24] ont administré la paroisse Saint-Georges de 1354 à 1535, et il paraît évident que l’ordre hospitalier de Saint-Jean aurait mal vu les dons des pèlerins aller vers Compostelle en Espagne plutôt que vers Jérusalem. Ils ne devaient donc pas spécialement favoriser saint Jacques, en quelque sorte concurrent [25], malgré la vénération que le peuple lui vouait alors. Donc, pas de coquille à l’église Saint-Georges ! Il pourrait en aller de même à l’église Saint-Nicolas, où la raison d’être des Prémontrés était l’accueil des pèlerins sous l’autorité de saint Norbert, et non de saint Jacques.

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Réconstitution de la chapelle du château de Haguenau.

Il ne faut pas oublier qu’à ce moment, le culte des reliques était en plein essor [26], et les pèlerins venaient principalement vénérer le trésor de l’Empire déposé épisodiquement dans la chapelle du château entre 1153 et 1215 [27]. Il rassemblait des reliques du Christ et de Charlemagne [28] et, comme les chansons de gestes liaient la légende de Charlemagne à celle de Barberousse, ce trésor avait un pouvoir attractif exceptionnel. Encore après le départ des reliques, les pèlerins se recueillaient sur les lieux où elles avaient été déposées. Beaucoup de fidèles sont accourus les vénérer, et parmi eux des pèlerins en chemin vers Compostelle. Certains limitèrent peut-être leur périple à Haguenau en y laissant leurs dons. N’oublions pas que la construction de la première muraille de la ville par Frédéric Barberousse, entre 1152 et 1164 [29] demandait aussi beaucoup d’argent à ce moment.

4- LA CHAPELLE SAINT-JAQUES DE L’ELENDHERBERGE.

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Clef de voûte de la chapelle St Jacques de l’Elendherberg.
Photo A. Wagner

Il existait à Haguenau, au moment de l’apogée du pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle [30], un autre hospice qui accueillait les voyageurs. Il était habituellement désigné par Elendherberg, c’est à dire, asile des misérables [31]. Fondé vers le milieu du XIV e siècle [32], avec une chapelle construite en 1615 et dédiée à Saint-Jacques, il se situait au centre de la ville sur la rive gauche de la Moder, en face du quai des Pêcheurs. Par la suite, pendant la guerre de Trente Ans et après 1690, il servit d’hôpital militaire. Puis, en 1803, il fut aménagé en théâtre municipal. Cet ancien édifice, qui avait une tourelle d’escalier hors d’œuvre de plan hexagonal et des fenêtres à meneaux, fut détruit et remplacé vers 1835-38 par une école. Une statue de saint Jacques provenant de cette chapelle est exposée au Musée Historique ; une clé de voûte de 1615, de la même provenance, est en outre conservée dans les réserves.

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Statue de St Jacques de l’Elendherberg.

Musée Historique de Haguenau.

Photo A. Wagner

5- L’hébergement en ville.

A eux seuls, le Vieil Hôpital et les couvents ne pouvaient naturellement pas loger tous les pèlerins de passage. Ces édifices ne pouvaient suffire et restaient inadaptés à l’accueil des hôtes de haut rang. Beaucoup de pèlerins devaient loger en ville. Les moines et les prêtres du Moyen Age ont répandu parmi les fidèles les textes des Saintes Ecritures relatifs à l’hospitalité. Recevoir l’un de ces voyageurs, qui réservait toujours la possibilité que son identité ne fût humble qu’apparemment, était un devoir. « Derrière son visage humain pouvait se cacher les traits d’un ange ou se dérober temporairement aux regards la face ineffable du Christ lui-même. » Les maisons disposées à recevoir les pèlerins de passage arboraient alors le signe de reconnaissance de la coquille.

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Porte de la maison des Fleckenstein.
Photo A. Wagner

La tourelle de la maison médiévale des Fleckenstein [33], ajoutée 1544, en porte une. Est-elle en rapport avec saint Jacques, étant donné que la majeure partie de cette famille est passée au protestantisme en 1543 [34] ? Il est certain que Jacques de Fleckenstein, sous-bailli provincial et prévôt [35] de Haguenau de 1485 à 1487, était un fervent catholique : en témoigne la chapelle qu’il fit construire à l’église Saint-Georges, où se trouve le monument funéraire de sa femme Véronique d’Andlau. Cette coquille, qui n’est donc pas purement décorative, est la seule qui ait survécu à la destruction de la ville en 1677.

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St Jacques sur la fresque de l’abbatiale de Walbourg.
Photo M. Vogt

Une fresque [36] de 1465 montrant saint Jacques avec sa coquille dans le chœur de l’abbatiale de Walbourg rappelle peut-être le passage des pèlerins, sur le chemin vers Haguenau.

Les coquilles disparaissent avec Louis XIV. Sur ordre du Roi, Louvois fait appliquer la stratégie de la terre brûlée [37] et l’étend tout le long du Rhin. « Brulez le Palatinat ! ». Plus de quatre cents villes et villages y sont détruits, dont Heidelberg, Spire et Worms. Haguenau n’a pas été épargnée. Dans sa dépêche du 22 décembre Louis XIV dit [38] :
Ayant résolu de faire razer la ville de Haguenau, (…) qu’il n’en reste aucun vestige, non plus que des écluses, et tout autre chose servant à la fortification. (…) En conservant seulement les redoutes pour les faire sauter le jour que l’on partira, ou de razer en même temps les redoutes et les dehors de terre… A la suite de quoi le baron de Montclar procède à la « destruction de quarante tours, huit rondelles et du château ». Le Roi-très-Chrétien avait cependant donné les instructions de ménager les églises et les couvents, ce qui fut fait. Après ce massacre, il ne restait plus d’intact que les deux églises paroissiales, les couvents et quelques maisons.

[1] Le champ de l’étoile.

[2] W. Guggenbuhl, Gries, Chronik einer Landgemeinde. 1957 Médiathèque de Haguenau E/D 5296.

[3] Gries est cité dès 809, et on sait qu’en 1294, cette église dans les champs était dédiée à saint Jacques.

[4] A.M. Burg. Etudes haguenoviennes 1979 P.104. D’après l’obituaire AMH.GG 219.

[5] La statue est signée du nom du sculpteur, Martin Mayer, et datée de 1989.

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La signature du sculpteur.
Photo J.-C. Heilig

L'inscription de la ville.

La ville de Spire a aussi apposé une plaque avec une citation de la Lettre aux Hébreux (Hébr. 13, 14).

[6] C’est à dire chemin primitif. Fr. Batt Das Eigenthum zu Hagenau im Elsass, 1876 - I. P. 48, 109, 131, 148.
On trouve la trace d’un vieux chemin sur le plan du cadastre napoléonien (1804-1812) AD Registre 3 sous le nom de Altstrass, cité par ailleurs dans les archives GG 193. On le devine sur le Plan de Haguenau avec projets pour une meillieure déffence A.D. 67 J. du Génie N°24. La carte IGN 3814 Est mentionne également le lieu-dit Altstrass. Voir aussi AMH sous A. Wagner, Les chantiers de l’été 1999.

[7] Vieille route, ou route archaïque.

[8] Voir Fr. Batt, Das Eigenthum zu Hagenau im Elsass, 1876, p.111.

[9] Là où se trouve actuellement l’agence des Dernières Nouvelles d’Alsace.

[10] Voir Yves Bottineau, Les chemins de Saint Compostelle. Ed. Arthaud, P. 38.

[11] Empereur de 1155 à 1190.

[12] Il y a séjourné cinq fois.

[13] On sait que les textes sont en général rédigés par le Pouvoir, donc pas nécessairement objectifs. Très souvent ils sont valorisants. Voir aussi les Etudes haguenoviennes Tome XV 1989 - A.M. Burg P. 29.

[14] Frédéric Barberousse a également fondé un hospice à Kaiserslautern et l’a confié aux Prémontrés, comme celui de Haguenau.

[15] A. Guillerme, Le temps de l’eau, 1990 Collection Champ Vallon, p. 110.

[16] Attribution à une œuvre existante de fonds destinés à un usage précis. Petit Larousse 1985.

[17] Dès la seconde moitié du X e et jusqu’au XII e siècle, une organisation d’hospices très complète facilite le voyage et pourvoit le long des principaux itinéraires à l’hébergement des pèlerins et au maintien de leur bonne santé physique et spirituelle. Elle est mise au point par les Bénédictins de Cluny, secondés par d’autres grands ordres religieux dont les Prémontrés.

[18] Le célèbre prédicateur médiéval Geiler de Kaysersberg (1445-1510), qui prêcha pendant 32 ans à la cathédrale de Strasbourg et n’hésitait pas à pourfendre les travers de la société de son temps, y compris le clergé, se moquait des pèlerins qu’il traitait de voleurs de poules, ceux de Saint-Jacques comme des autres.

[19] Sur ce dernier point, en effet, l’investissement s’est révélée peu rentable car Frédéric Barberousse s’est noyé dans le Cyndus au sud de la Turquie en cours de route.

[20] En témoigne le nom de la Moder qui vient de leur déesse de la fécondité Madra. Historiens et linguistes sont d’accord sur ce point. Voir A. Wagner, AMH D’où vient le nom de la Moder ?

[21] Il se trouve que l’abbaye de Koenigsbruck est installée exactement de la même façon sur la berge droite du Sauerbach, au bord d’une ancienne voie gallo-romaine.

[22] Frédéric Ie avait ajouté dans sa charte de 1189 « un oratoire en l’honneur de Marie, la Mère de Dieu, de saint Paul apôtre et de saint Nicolas confesseur, où le prévôt des Prémontrés, assisté de quatre clercs et d’un certain nombre de frères lais, servira Dieu sans relâche ». Cet oratoire devait en même temps servir de paroisse aux populations du voisinage. Il est probable qu’en sa qualité de patron par excellence des pèlerins et des voyageurs, saint Nicolas ait pris très tôt le pas sur la Vierge et saint Paul ; car à partir de 1313 l’établissement porte toujours son nom. L’église posséderait comme relique un doigt de ce saint. Voir A.M. Burg, dans Etudes haguenoviennes, Tome. XV, 1989.

[23] V.Guerber Histoire politique et religieuse de Haguenau II. 1876 P 101.

[24] L’ordre de Saint-Jean.

[25] On connaît d’autres cas de concurrence entre des ordres religieux. Par exemple dans les pays baltes, où une lutte armée opposait les chevaliers teutoniques à ceux de la Croix, les uns sous l’impulsion du Pape, les autres de l’évêque.

[26] Le culte des reliques, lancé en 794 par le concile de Francfort, ordonne que l’on ne puisse vénérer ou invoquer aucun saint nouveau (...) mais seuls ceux qui furent choisis par l’autorité de leur passion ou par le mérite de leur vie.
En 801, puis à nouveau en 808, le pouvoir Franc remet en vigueur le canon Item placuit du V e concile de Carthage (410), qui exige de détruire tous les autels dépourvus de reliques. Dans le même temps, sous l’influence de la cour de Charlemagne, le rôle social des reliques allait se développer, notamment sur le plan juridique, où l’usage fut généralisé dans les prestations de serment.
L’importance du culte des reliques sur un plan sociopolitique ne peut se concevoir sans envisager les modes d’exercice du pouvoir pendant le Haut Moyen Âge. Dès 794, le pouvoir temporel généralise le recours aux reliques. Aussi bien sous la première que sous la seconde dynastie de nos rois, elles tiennent un rôle politique fondamental. En l’absence d’un pouvoir fort, puis devant l’émergence des aristocraties locales, les hommes d’Eglise comprennent bien vite que les reliques et le prestige qui s’y attache étaient un moyen de garantir autant la paix que la prospérité des fondations qui les abritaient.
Voir Recherches Médiévales n° 53, février 1997, et aussi J. Geary, le vol des reliques au Moyen Age, Aubier Histoires.

[27] Le trésor n’y était pas en permanence car il était parfois déposé au Trifels dans le Palatinat.

[28] En 1125, peu avant sa mort, l’empereur Henri V confia les bijoux et les insignes du Saint Empire Romain Germanique au vicaire de l’empire, le duc Frédéric le Borgne, pour qu’il les garde au château de Trifels. Ce trésor comportait les grandes reliques (un clou de la Croix de Notre Seigneur, un fragment de la couronne d’épines, et la sainte lance qui perça le cœur de Jésus) et les insignes impériaux (l’épée de Charlemagne, le sceptre surmonté de la croix, le manteau impérial, les éperons d’or, les souliers décorés de pierres précieuses et le diadème de Charlemagne).

[29] V.Guerber Histoire politique et religieuse de Haguenau I- 1876. P. 422. A.M. Burg Saisons d’Alsace N° 58 P. 32. La muraille existait probablement déjà en 1143.

[30] Remarque : On trouve la ville de Hagetmau sur une des voies menant à Saint-Jacques-de-Compostelle, la Via Lemovicensis, entre Mont de Marsan et Orthez, à ne pas confondre avec Haguenau.

[31] Voir J. Klélé, Die Elendherberge, 1907, P. 57 : Hagenauer Wohltätigkeits-und Kranken-Anstalten alter Zeit et aussi V.Guerber II. 1876 P. 272.

[32] La première mention dans les archives date de 1365 une donation en faveur de cet hôpital. On peut donc penser qu’il était déjà bien connu à ce moment.

[33] Maison acquise en 1480.

[34] Ce qui est contesté. Voir l’Encyclopédie d’Alsace et les « Saisons d’Alsace » N°59, p 44.

[35] Schultheiss.

[36] Les fresques murales ont malheureusement été fortement endommagées lors des combats de la Libération début 1945.

[37] Die Festungen an der Queich und Lauter, K&K Verlagsanstalt D-76863 Herxheim P. 65.

[38] J. Klélé, Die Reichsstadt Hagenau, 1913 P. 210.

Publié le 19 février 2007 par André Wagner

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3 commentaire(s)
Sur les traces du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle - 29 janvier 2008, par HAULE Michel
Bonjour, Sur la page 5 sur 7, à propos de la photo "Don de la bouteille du pèlerinage de 2004 à Haguenau",il m’a semblé reconnaître la porte du WEINTOR à Schweigen (village à la frontière nord de l’Alsace) et non à Haguenau. Cordialement, MH
Sur les traces du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle - 2 avril 2007

Un article bien riche et fouillé, qui fait revivre le Haguenau aujourd’hui disparu. D’autres aspects intéressants sont l’origine du nom "Moder", la "fonction" des églises St-Georges et St-Nicolas, ainsi que l’existence d’un chemin de Saint-Jacques dans Haguenau.

Merci à vous,

JLS

Sur les traces du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle - 5 avril 2007, par Elisabeth Lahache-Tiefenthaler
Quel bonheur d’en apprendre tant sur une ville que, pourtant, on croit toujours bien connaître... Encore !!! Encore !!! Merci pour cette clarté et cette érudition qui nourissent notre amour pour notre ville et notre région !